La société nantaise SCE aux manettes
En mai dernier, RFF a confié, dans le cadre du projet de réouverture de la ligne ferroviaire Nantes – Châteaubriant, la maîtrise d’œuvre des travaux sur le tronçon entre Doulon et Châteaubriant à la société nantaise SCE.
Elle est à la tête d’un groupement associant une société d’ingénierie allemande, Obermeyer, et un cabinet d’architectes nantais, AUP. Point d’étape avec Thierry Delaunay, chef de projet chez SCE sur l’avancée des travaux.
Tout d’abord, en quoi consiste votre mission ?
- "Nous avons été retenus pour finaliser le projet de réouverture de la ligne Nantes - Châteaubriant et plus particulièrement sur le tronçon Doulon – Châteaubriant. Concrètement, nous sommes chargés du pilotage de l’ensemble des études et travaux en tant que maître d’œuvre général sur les 61 km de cette section. Nous avons notamment un gros travail de coordination à assurer. Car d’autres projets viennent se greffer à cette opération. Nous allons devoir assurer l’interface avec les autres maîtres d’ouvrages comme la SEMITAN pour la connexion des lignes 1 et 2 du tramway, la SNCF pour les aménagements des stations et pour les installations de maintenance ou encore SETEC TPI, maître d’ouvrage délégué pour l’élargissement du Pont de la Jonelière."
Où en êtes-vous ?
- "Nous avons bouclé fin octobre 2009 le diagnostic de la plateforme et des assainissements qui a été réalisé au fur et à mesure de l’avancée du débroussaillage. Nous allons désormais pouvoir arrêter les modes opératoires de réalisation des travaux. En parallèle, nous avons lancé les travaux d’investigations complémentaires qui portent notamment sur la réalisation de levés topographiques de précision. Nos équipes vont devoir arpenter les 64 km de la ligne à pied ! Tout sera terminé d’ici fin novembre 2009. Ensuite, débuteront les essais géotechniques qui dureront jusqu’à Noël."
À quelle date commenceront les premiers travaux ?
- "Nous sommes en train de finaliser les premiers dossiers afin de lancer les consultations des entreprises. Nous procéderons par lots techniques et géographiques et tablons sur une quarantaine de marchés. Les plus urgents seront les terrassements et l’assainissement, l’élagage pour la mise au gabarit, ainsi que la modification de certains ouvrages d’art. Les premiers travaux préparatoires devraient débuter au printemps 2010 et se poursuivre au 2e semestre avec le confortement de la voie existante afin d’approvisionner les nouveaux rails. Suivront ensuite le renouvellement des infrastructures ferroviaires existantes, la modification de certains réseaux concessionnaires, l’aménagement des passages à niveau, l’électrification de la ligne et la réouverture de 11 gares qui jalonneront le parcours."
Quelles sont les contraintes d’une telle opération ?
- "Il y a, bien entendu, la multiplicité des intervenants mais surtout des délais très courts. Ce qui nous a obligés à réfléchir aux modes opératoires alors que les diagnostics n’étaient pas encore terminés. Plusieurs hypothèses ont été envisagées comme notamment la réutilisation des voies existantes pour approvisionner les nouveaux rails. On compte utiliser un train-travaux qui, tout en progressant sur l’ancienne voie, la dépose et la renouvelle à un rythme pouvant aller jusqu’à 800 m par jour ! Au total, quinze personnes de SCE sont mobilisées sur ce dossier : dessinateurs, projeteurs, juristes et ingénieurs (génie civil, infrastructures, OPC, ferroviaires)… Nous avons même dû recruter du personnel pour cette opération !"

